Le journal du développement local Édition du jour 12 pages · 250 F

Eco du jour · Journée de la femme

Impacts et perspectives en Côte d’Ivoire

La Journée internationale de la femme africaine, célébrée le 31 juillet, valorise les contributions féminines au développement social et économique. En Côte d’Ivoire, elle souligne défis persistants et espoirs d’émancipation, promouvant dialogue, solidarité et transformation durable.

Par DEKOS BADAUD · · Lecture 3 min
femme en activité

En prélude à la célébration de la Journée internationale de la femme africaine (JIFA) le 31 juillet 2026, la Côte d’Ivoire, à l’instar de plusieurs pays du continent, se prépare à organiser une série d’activités valorisant le rôle primordial des femmes dans le développement social et économique. Cette journée trouve son origine dans la première réunion continentale des femmes africaines, tenue le 31 juillet 1962 à Dar es Salaam, en Tanzanie. Cette rencontre historique a conduit à la création de l’Organisation Panafricaine des Femmes (PAWO), la première structure dédiée à l’émancipation des femmes africaines. 12 ans plus tard, lors du premier congrès de la PAWO à Dakar, cette date a été officiellement consacrée comme Journée de la femme africaine.

Depuis lors, la JIFA, plus qu’un simple rituel, constitue un moment fort de sensibilisation aux droits des femmes et souligne leur participation croissante aux sphères politique, économique et sociale. En Afrique, elle met en lumière les multiples contributions féminines dans des domaines clés tels que l’éducation, la santé et l’entrepreneuriat, tout en rappelant le rôle historique des femmes dans les luttes pour la libération et le développement du continent. En Côte d’Ivoire, cette dynamique est portée par la Coordination des Femmes de Côte d’Ivoire (COFEMCI), soutenue par des partenaires tels que le Réseau des Femmes Journalistes et des Professionnelles de la Communication (ReFJPCI) et le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH). Chaque édition de la JIFA est portée par un thème. Celle de 2026 invite à « Investir dans les femmes africaines pour accélérer la transformation sociale et le développement durable », soulignant l’importance de l’autonomisation féminine pour un avenir prospère.

Depuis la première commémoration de cette journée jusqu’à ce jour, des progrès ont été réalisés dans la protection et l’émancipation de la femme africaine. Toutefois, malgré ces avancées, de nombreux défis persistent. Les espoirs suscités par la création de la PAWO et la reconnaissance de la JIFA n’ont pas toujours abouti à une égalité effective dans tous les domaines. En Côte d’Ivoire comme ailleurs, les inégalités salariales, la faible représentation des femmes dans les postes décisionnels, ainsi que les violences basées sur le genre continuent de freiner le progrès. De plus, l’accès limité des femmes aux ressources économiques et éducatives reste un obstacle majeur à leur pleine émancipation.

Pourtant, il y a des raisons d’espérer. Par exemple, la COFEMCI a choisi de mettre en avant la littérature féminine lors de la JIFA 2026. Cela montre une approche nouvelle qui utilise les récits et témoignages des femmes comme un moyen de mémoire, de résistance et d’engagement citoyen. Donner la parole aux auteures renforce l’identité, la solidarité et la visibilité des femmes dans leurs communautés. En plus, les forums et débats organisés favorisent le dialogue entre expertes, journalistes, décideurs et grand public, afin d’élaborer des solutions concrètes pour mieux inclure et soutenir les initiatives féminines, surtout dans les domaines culturels et les droits humains.

La Journée internationale de la femme africaine est donc un moment important pour faire avancer la société. Elle combine le souvenir et l’innovation pour encourager la participation active des femmes dans la construction d’une société plus juste et durable. Face aux défis qui restent, la mobilisation autour de la JIFA 2026 montrerait la volonté de faire des femmes africaines des actrices centrales du changement social en Côte d’Ivoire.